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Le dernier homme de Margaret Atwood

31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 17:35

Dénoncez, dénoncez, même si c'est faux, ça deviendra une vérité

 

Que voilà une lecture difficile ! .

Certaines laissent entendre que je lis trop de romans faciles ; des polars, des thrillers, de l’humour*. Des trucs qui ne me pèsent pas sur la conscience ou plus grave qui ne me font pas réfléchir.

*Et même à l'occasion de la chicklit

 

La lecture c’est le plaisir, la lecture difficile c’est le mal

…..de tête.

Mais, de temps en temps, entrainé par des blogueuses inconscientes dont l’Héritière à qui je ne refuse rien ou presque,  j’en prends un, et je lis et je pense et je réfléchis et je me bourre mentalement d'Advils.

 

Ce roman est-il si difficile ?

Poser le problème de la pédophilie ou des déviances sexuelles sur mineur(e)s  ne peut pas être une lecture de salon, le cul dans un fauteuil confortable et le whisky, ou le thé* à porter de la main qui tourne les pages.

*Plutôt whisky que thé, d'où, peut-être, le mal de tronche

 

Car Russell Banks pose le problème dans sa crudité, je devrais dire dans sa cruauté. Que faire de ces personnes condamnées à vivre à plus de 800 mètres de tout lieu où se trouvent des enfants ?

 « certains réclament un châtiment définitif pour les délinquants sexuels à savoir la castration chimique, la détention à vie, sans possibilité de remise de peine ou, encore mieux, la peine de mort suivie si possible de la damnation éternelle »

Écrit-il, en dénonçant la droite religieuse américaine et une certaine idée populaire.

 

Je ne m'étais jamais posé la question de manière philosophique. J’ai plutôt tendance à des réactions épidermiques aux nouvelles racoleuses des médias, en mal de sensationnel, dès qu'on touche à un enfant.

Je reconnais aussi que d’apprendre qu’un prédateur vit à porter de zizi de mes petits enfants me gênerait énormément.

 

Ce fut ma première réaction et puis j’ai commencé à ressentir un certain malaise comme si on essayait de justifier certains actes. Le héros que l’on surnomme Kid à 22 ans et l’auteur essaie de nous le rendre sympathique. Ce n’est pas de sa faute. Il a eu une enfance solitaire, sinon malheureuse du moins pas très heureuse. Et puis il n’a pas fait grand chose pour être condamné !! Hé, réveillez-vous ! Il a juste essayé de coucher avec une gamine de 14 ans, contactée sur un "chat", en amenant, pour arriver à ses fins, un film porno pour l’ambiance, un pack de bière pour son inhibition, des capotes pour sa peur et de la vaseline…pour faire quoi la vaseline ?

 

Non, il ne m'est pas sympathique. Mérite-t-il, pour cela, une condamnation sans une approche médicale pour vérifier les possibilités de récidive, aucun endroit acceptable pour vivre  et l'opprobre universel via les sites Internet qui dénoncent noms, adresses et raisons des condamnations ? Poser la question, c'est y répondre.

 

Russel Banks aborde plusieurs sujets ; les médias électroniques, les familles déconnectées, le mensonge et la solitude qu’engendre la convergence de ces facteurs. La facilité de trouver n'importe quoi et son contraire sur internet, sans contrôle sinon volontaire et leurs dérives comme la pornographie sous toutes ses formes ainsi que la manière dont son traités les délinquants sexuels aux États-Unis.

La première partie m'a sensibilisé à un problème que j'occultais, la suite m'a ennuyé ou pire je ai pas compris ce qu'on voulait me dire. A-t-on voulu justifier certains actes, moralement indéfendables, en accusant l'évolution sociale de les provoquer ?

 

La seule conclusion que j’en ai tirée je l’ai trouvé à la fin du roman quand "L’Écrivain explique au Kid qu’en un sens tout ce que nous lisons est en grande partie inventée.

-Même les infos ? -Même les infos.

-Même sur Internet ? -Même sur Internet.

-Et les photos et les vidéos ? Les photos ne mentent pas, man.

-Tout ment.

-Si tout est mensonge, alors y a rien de vrai.

-Tu as tout compris, Kid, A peu près. Ça veut dire qu’on ne peut jamais vraiment connaître la vérité de quoi que ce soit. »

 

Le billet plus positif de Sylire ici.

 

Lointain souvenir de la peau  de Russell Banks, Actes Sud, 2012, 444 pages, Roman

*ouais ** bon *** très bon **** j'aime

 

Le bémol du Papou  : Était-ce bien utile dans ce roman de dénoncer certains complots du gouvernement américain prêt à éliminer des agents pour cacher certaines de ses actions* ?

*Ça, ça m'énaaaarve !

 

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Published by Le Papou - dans Lecture
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commentaires

yueyin 03/09/2013 14:41

Je ne retrouve pas vraiment le livre que j'ai lu -) comme quoi on peut avoir des visions très différentes du même texte...
http://lireouimaisquoi.over-blog.com/article-lointain-souvenir-de-la-peau-104119073.html

Le Papou 08/09/2013 11:26

Ben oui et c'est bien comme ça.
Le Papou

Alex-Mot-à-Mots 01/09/2013 18:13

Tout est bon pour dénoncer les méfaits du gouvernement américain !

Le Papou 01/09/2013 23:00

Oui, on a le droit de préférer la Russie. Je préfère encore les américains même si tout est loin d'être parfait.
Le Papou