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Le dernier homme de Margaret Atwood

14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 18:38

Durant ma jeunesse intrépide, sur canapé, je lisais beaucoup de romans d’espionnage, des bons et des moins bons mais aussi d’excellents, ceux de John Le Carré ou de Somerset Maugham, par exemple.

Je voudrais remercier du choix de Bob et de l'envoi des éditions Laffont qui m’ont permis de relire ce dernier auteur, presque oublié depuis sa disparition, il y aura bientôt cinquante ans.

Jeune homme,  je préférais des actions plus mouvementées, des personnages héroïques, des espionnes jolies et peu farouches, tout en lisant aussi ces auteurs que je pressentais plus près de la réalité.

Et non ! Je n'ai pas changé sauf pour les actions téméraires.

 

Maugham1Dans ce recueil de nouvelles, Somerset Maugham, ancien agent des services secrets anglais pendant la première guerre mondiale, nous présente des missions qui peuvent être données à un agent, sans qu’il n’en connaisse souvent ni les prémices ni les conclusions.

Mais avant d’être des récits d’espionnage, c’est avant tout une série de portraits de personnages, que l’agent secret croise ou utilise.

 

Des portraits taillés au couteau de l’ironie,

‘’Petites et boulottes, elles avaient de beaux yeux noirs dans un visage aux traits épais et au teint jaune. Leurs toilettes de luxe évoquaient plutôt la criée aux poissons du Caire que la rue de la Paix.’’


ou encore,

‘’Elle devait avoir la quarantaine, manquait totalement de charme, possédait un teint terreux et des traits fort quelconques. Sa chevelure terne était tressée autour de son visage, à la manière de cette reine de Prusse, ennemie de Napoléon. Elle avait une silhouette massive et paraissait lourde plutôt que grasse.’’

 

avec une ‘’supériorité britannique’’ omniprésente,

‘’Ashenden se dit que c’était l’erreur commise très souvent par l’humoriste amateur, par opposition au professionnel….Les relations du plaisantin avec sa plaisanterie devraient être aussi rapides et fantaisistes que celles de l’abeille avec sa fleur….Il n’y a bien sur aucun mal si, comme l’abeille qui approche de la fleur, il bourdonne un peu. Car il vaut mieux bien faire savoir à un public obtus qu’on a l’intention de faire une plaisanterie.’’

 

on agit en gentlemen, avec fair-play, qualités inconnues des étrangers,

‘’Ashenden le vit….tirer de sa ceinture un long couteau d’aspect homicide…’’ (j'adore)

 

et avec flegme,

‘’Que de sornettes on entend sur le prix de la vie humaine ! C’est comme si on accordait une valeur intrinsèque à des jetons de poker ; leur seule valeur est celle qu’on veut bien leur prêter.’’

 

conscient d’être supérieur,

‘’Tout comme la culture a cet avantage de vous permettre de dire des sottises avec distinction, l’habitude du luxe nous autorise à considérer ses fanfreluches et ses falbalas avec tout le dédain qu’il convient.’’


‘’Miss King n’est qu’une vieille fille stupide qui a vécu plusieurs années de trop.’’

 

où les sentiments ne sont pas montrés.

‘’Vous qui êtes un homme du Nord, vous ne savez pas ce que c’est que l’amour : une passion propre à vous interdire le sommeil, à vous couper l’appétit, à vous ronger ainsi le corps comme une fièvre.’’

 

Nous croisons, avec Mr Ashenden, une vieille anglaise à l’emploi, depuis des décennies, d’une famille richissime de parvenus égyptiens, un escroc d’origine mexicaine, tueur à ses heures, une danseuse de bastringue obligée de trahir son amant, un traitre anglais marié à une allemande, un ambassadeur du Royaume-Uni qui les yeux larmoyants (shocking), raconte une aventure de jeunesse, un américain expansif assuré que sa nationalité le protègera pendant la révolution bolchevique.

 

Deux des nouvelles sont différentes dans leur genèse pas dans leur traitement.

Dans l’une, très courte, Mr Ashenden et un de ses agents envisagent la possibilité de faire exploser une usine d’armement et de tuer de nombreux innocents. Ne souhaitant pas être responsables de la décision, ils choisissent de tirer à pile ou face.

L’autre, la dernière, n’a rien à voir avec l'espionnage et se passe certainement après la guerre.

Atteint de tuberculose, Mr Ashenden est soigné dans un sanatorium en Écosse et nous fait vivre le petit monde des malades avec des descriptions savoureuses et un sentimentalisme surprenant.

 

Tout au long du livre, j’ai aimé cette écriture qui me faisait penser à de la broderie britanique, bien sur.

 

La  supériorité due à l'origine du narrateur est évidente et souvent répétée, de peur qu’on ne l’oublie, peut--être.

Tous les autres personnages sont englués dans une fatalité que l’agent a tissée et dont il se justifie régulièrement.

 

J’ai passé un excellent moment, allant même jusqu'à sourire à de nombreuses reprises, tout en gardant, ''of course'', mon quant-à-soi ‘’so british’’.

 

À lire sans modération.

 

*ouais ** bon *** très bon **** j'aime

par Le Papou 

 

Ps: J'ai emmagasiné des citations du jeudi pour plusieurs semaines.

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commentaires

Kikine 15/03/2011 00:20


Oh là là ... et dire que l'inculte que je suis n'a toujours pas lu Somerset Maugham ... Il va falloir que je remédie à ça au plus vite


Le Papou 15/03/2011 04:05



Va falloir, je crois sauf si l'humour anglais n'est ta ''cup of tea''



yueyin 14/03/2011 21:44


j'avais beaucoup beaucoup aimé la passe dangereuse de cet auteur... j'aime son style et sa finesse :-) Il faut que j'en lise d'autres.
http://lireouimaisquoi.over-blog.com/article-25524527-6.html#anchorComment


Le Papou 15/03/2011 04:06



Celui-là est vraiment bon. Il est à la maison, prends des notes pour ton futur séjour.