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Texte Libre

Un livre vit grâce à la recommandation passionnée qu’en fait un lecteur à un autre.

Henry Miller

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Le dernier homme de Margaret Atwood

3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 15:19

Prière de ne pas lapider l’auteur du billet avant d’avoir tout lu, sa sensibilité risquerait d’en souffrir.Merci.

 

Un chef d’œuvre, une merveille, un best-seller, nombreux prix littéraires, traduit dans une  trentaine de pays… n’en jetez plus, qui suis-je, moi, pour faire la critique de ce futur monument de la littérature moderne, un Papou, un Béotien, d’accord, mais aussi un lecteur dont les goûts peuvent être différents.

 

Pendant les 50 premières pages, j’ai trouvé que ce livre méritait bien son titre. 

Je n’arrivais pas à entrer dans cette histoire, je cherchais l'histoire. J'avais juste deux personnages plutôt ternes, une vieille paysanne et une jeune femme, toutes les deux épeurées pour des raisons obscures.

 

 

Oksanen1Aliide, la vieille, a trouvé Zara, la jeune, écroulée dans la cour de sa ferme, sale comme une mendiante, habillée comme une putain, ce qui s’avèrera exact ultérieurement.

C’est le genre de roman qui évolue par petites touches avec des retours en arrière, pas toujours aux mêmes époques ni aux mêmes endroits et qui s’étire comme un mauvais rêve dont la fin cauchemardesque n’arrive jamais.

J’ai aussi eu du mal avec l’écriture et le style de Sofi Oksanen. J’étais mal à l’aise avec les images qu’elle nous proposait, avec les pensées des deux femmes, avec leurs atermoiements interminables, leurs non-dits incessants 

avec les descriptions minutieusement longues de petites actions domestique.


Au bout d’une centaine de page, tilt ! Une petite lampe, 10 watts clignotante, s’est allumée dans ma tête. Il est vrai qu'une illumination avec une loupiote clignotante ce n’est pas évident.

 

J’ai commencé à apprécier ma lecture à partir de ce moment-là et je n’ai plus lâché cette histoire.

Elle se passe en Estonie, pays envahi par les allemands pendant la dernière guerre, dominé par la Russie soviétique et redevenu indépendant après la Perestroïka. Alors, le vocable ‘’purge’’ prenait d’un seul coup tout un sens politique.


Bien entendu, c’est une sale histoire comme toutes les guerres, les colonisations, les asservissements et leurs conséquences où tout le monde essaie de sauver sa peau, une histoire de sœurs aussi, l’une heureuse et l’autre jalouse, une histoire de trahison par apathie, bêtise et jalousie, une histoire de pauvres qui ne vivent pas mais tentent de survivre au milieu d’évènements qu’ils ne comprennent pas.


C’est non seulement une sale histoire mais aussi une histoire sale, dans la crasse, dans la boue, dans les odeurs putrides et les senteurs immondes, dans les idées fangeuses et les actes dégueulasses, où haine et amour se côtoient, envie et détresse se mélangent, folie et bêtise se marient : asservissement de la femme, asservissement d’un pays, asservissement des idées.

 

Souvent je me dis que je ne suis pas facile à décourager, que le nombre de romans que j’ai abandonné doit se compter sur les doigts coupés d’une seule main, moins l’index, dont j’ai besoin pour tourner les pages, et c’est tant mieux. 

 

J’ai gardé la première phrase de cet article pour vous montrer que si je prends rapidement des notes pour ne rien oublier, je modifie souvent mes premières impressions.

Têtu je suis, mais pas obtus, du moins j’espère.

C’est aussi pour vous dire qu’il ne faut pas abandonner une lecture sans être sûr que l’on ne va pas le regretter : insistez, insistez jusqu’à ce que l’écœurement soit plus fort que votre désir de découvrir la suite.

 

Il faut lire ‘’Purge’’ et aller jusqu’au bout. Vous n’aimerez pas cette histoire. Aucun des personnages n’est gratifiant, bon ou généreux, vous serez mal à l'aise, vous serez même écoeurés par des termes d'une crudité dérangeante, mais la vérité ne doit-elle pas l'être, crue et dérangeante ? Cela a existé et malheureusement cela existe encore.

Il faut continuer à combattre l'asservissement sous toutes ses formes, il faut dénoncer des faits qui ont existés, il ne faut pas qu'ils s'estompent dans la mémoire des hommes.

 

Cette histoire est une des plus horribles et ce roman un des plus surprenants que j’ai lu depuis bien longtemps.

 

Les avis positifs de Sylvie, Leiloona et Aifelle, ceux plus négatif d'Yves et Ys.

 

 

 

*ouais ** bon *** très bon **** j'aime

par Le Papou 

 

 

Le bémol du Papou :

une couverture rose pour un roman sale : quelle drôle d'idée!

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commentaires

noann 30/03/2012 18:04

Je parlais du lien en blogroll pas de celui sur l'article. Sympa ces liens qui s'effacent (alors qu'il y avait un échange et que le lien inverse est resté)

Le Papou 30/03/2012 19:25



Bonjour Noann


Que te dire ? Ce sont les merveilles des programmes ordinateurs. Peux-tu me préciser quel lien car je n,en ai pas trace non plus et me dire si tu veux que je te le redonne ?


Le Papou


 


 



Noann 30/03/2012 17:59

Le 4/6/2011 j'avais dit merci pour le lien...
Aujourd'hui : Lien disparu ! Que dit-on dans ce cas ?

noann 30/03/2012 17:58

Le 4/6/2011 j'avais dit merci pour le lien...
Aujourd'hui : Lien disparu ! Que dit-on dans ce cas ?

Choupynette 23/12/2011 13:22

Cher Papou, je suis d'accord sur certaines choses. Je pense que le sujet mérite lecture, et l'ensemble n'est pas "aimable" au sens premier du terme. Je n'ai pris aucun plaisir à la lecture, mais le
pire c'est le style de l'auteur qui m'a semblé à la limite du ridicule. Après, sur le fond, c'est intéressant, mais un peu long. J'en savais déjà beaucoup sur le sujet (l'Estonie, la guerre froide,
la prostition post-URSS et le trafic des femmes etc) donc de ce point de vue je n'ai rien appris. Et si je n'apprends rien, et qu'en plus le style ne m'agrée pas, ça coince un peu. Mais je
reconnais bien volontiers que c'est une lecture utile bien qu'ardue pour beaucoup.

Le Papou 23/12/2011 14:22



Je pensais surout aux plus jeunes (oups ! pardon) qui n'ont absolument aucunes idées sur ce qui a pu se passer il n'y a pas si longtemps ou ce qui peut se passer pendant une guerre.


Joyeux Noël Choupy 



Marie 09/06/2011 22:08


Super billet ! J'ai ressenti un peu la même chose : une histoire horrible, sale, déplaisante... et même parfois un peu de surenchère. Mais une fois commencé, je n'ai pas pu lâcher ce livre coup de
poing, je l'ai lu en apnée, soufflée, secouée...


Le Papou 09/06/2011 22:23



Merci et bienvenue chez Papou. Je reconnais qu'après celui-là j'ai eu envie de lectures plus agréables.