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Le dernier homme de Margaret Atwood

18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 04:45

J’ai 8 ou 9 ans, en vacances en Dordogne, je suis fier car mon père m’emmène à la foire à Ribérac.

C’est une place, immense pour un enfant de mon âge, où tous les vendredis les commerçants et les fermiers s’installent pour vendre leurs produits. Je me sens perdu au milieu de cette foule et je serre très fort la main de mon géniteur.

Les gens parlent haut et fort avec un drôle d’accent dans une langue que je ne comprends pas. Mon père rigole et m’explique qu’ils parlent patois, que lui-même le comprend mais ne le parle pas vraiment.

Plus tard j’ai appris qu’au Périgord, on parle français mais aussi un patois issu de l’occitan.

À cette époque, il y a plus d’un demi-siècle mon l’impression est qu'on parlait plus patois que français.

Dans le sud-ouest, disait mon grand-père paternel, on ne parle pas la même langue, mais on se comprend.

Dans cette foire des fermiers proposaient leurs produits, des marchands offraient des primeurs et des produits alimentaires de toutes sortes.

On y trouvait aussi des vaches, des chevaux et des moutons, de la volaille vivante, oies, canards, poules, poulets et pigeons et en saison des truffes et des cèpes. Dans le temps, me dit mon père, c’était surtout une foire au bétail

On y parlait donc périgourdin et pour conclure un marché on se tapait dans les mains après avoir cracher dedans, la vente finissait au café devant un apéro.

Personne ne revient sur un accord après que les mains se sont touchées, disait mon père.

Les marchands de tissus, de vêtements, de chaussettes et de quincaillerie, enfin tout ce qu’un village a besoin, se trouvaient dans une autre partie de la place.

Presque chaque vendredi, avec ma douce et tendre, nous allons encore à la foire pour faire notre marché et nous nous promenons, curieux, au milieu des stands.

Y aller c’est à chaque fois retrouver le plaisir de mon enfance, certes le bétail et les animaux ont disparu, remplacés par des spécialités asiatiques, des tables d’épices et d’olives de toutes sortes, des commerces de produits manufacturés africains ou sud américains, de bijoux artisanaux, de colifichets, de disques de musique. Si les stands de chaussettes, de sous-vêtements, de vêtements et de tissus sont toujours là, leurs produits sont plus modernes tout en en gardant certains que l’on ne trouve qu’à la campagne.

Jadis je ne comprenais rien aux conversations mais j’aimais bien cet accent un peu rocailleux et chantant, qui a maintenant presque disparu, et aujourd’hui je regrette un peu qu’avec le français on n’y parle qu’anglais.

De cette langue il m’est resté seulement quelques mots que je croyais être du français car utilisés dans notre famille. Ainsi on a toujours mangé des cagouilles au lieu d’escargots et quand je faisais une grosse bêtise, je savais que j’allais avoir une tourlousine (une fessée), enfin la soupe ne se fait pas dans la marmite mais dans la toupi (la marmite), jeune adulte j'ai commencé à faire chabrou (fa chabrou) et ma chambre devait être nétia (nettoyée).

 

Faire chabrou : "fa chabrou"

Cela consite à rajouter du vin rouge dans le fond d'une écuelle contenant encore un peu de soupe chaude

et à boire ce mélange. Cela revient à boire un peu de vin chaud, ce qui l'hiver, réchauffe le bonhomme et le met de bonne humeur.

 

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commentaires

yueyin 24/01/2010 17:24


C'est quand même toujours un sacré bazar cette foire :-))))


Papou 24/01/2010 17:47


On voit que tu as des origines greco-turc, un français de là-bas au sud aurait dit un sacré souk !