les C.D.G. du HibouLes Voyages du PapouLes Commentaires du Hibou et du PapouQu'est ce qu'on mange ?
En lisant ce roman, j’ai eu une impression de ‘’déjà vu’’* ou plutôt, de déjà lu à une époque où je lisais quelques minutes avant de m’endormir pour occulter les problèmes quotidiens.
*Expression prononcée avec l’accent d’Albion et une patate chaude dans la bouche. En français : déjà vu (sans guillemets ni accent)
Je me suis souvenu des lieux, de l’atmosphère, de
l’occupation chinoise, de l’enquêteur Shan, et aussi de mes difficultés à comprendre, non l’histoire, mais les théosophies religieuses.
Shan est un ancien enquêteur économique de Pékin, envoyé au bagne au Tibet pour être rééduqué. Meurtri dans sa chair et dans son âme, il a retrouvé une certaine sérénité au contact de deux vieillards, Gendrun, un lama et Lokesh, un moine bouddhiste.
Au commencement c’est une histoire simple.
Une maitresse d’école et un enfant orphelin auraient été assassinés à la limite du Tibet et de la province du Xinjiang.
Je n’ai pas très bien compris pourquoi Shan, qui n'a aucun pouvoir, devait effectuer l’enquête et risquer de nouveau le bagne.
Lorsqu’il arrive sur place, accompagné de ses deux mentors, un autre enfant orphelin a été victime d’un meurtre identique.
Tout au long de notre lecture, on se pose un tas de questions :
Pourquoi et par qui la maitresse d’école a-t-elle été abattue ? Pourquoi son cadavre a-t-il disparu ? Pourquoi des enfants sont-ils assassinés ? Recherche-t-on un enfant en particulier ou veux-t-on tuer tous les orphelins, élèves de l'institutrice ?
Suivre les péripéties du roman a été difficile. Les questions se sont amassées comme des moutons de poussière* qui s’envolaient au vent des coups de théâtre pour être remplacer par d’autres.
Qui est mort et qui ne l’est pas ? Qui sont les méchants ?
*ou des motons
La longueur du livre n’est rien en comparaison de celle du chemin que parcourt Shan, parfois seul, parfois accompagné, à pied, en chameau, à cheval ou en camion sur des routes mal entretenues, des sentiers difficiles ou à travers des zones désertiques pour retrouver l’enfant, réincarnation du Yakde Lama, et son gau* sacré et ramener Gendrun et Lokesh au Tibet.
*Gau : petit autel portatif porté autour du cou
Pourtant ce monde est loin d'être désertique. Il est rempli de Tadjiks, de Ouigours, de Kazakhs, de Hans*, de Tibétains mais aussi d’Américains et de Russes, de
guérilleros, de lamas et de moines qui se cachent, de Sophie, une chamelle intelligente, de moutons**, de chiens mastiffset et de chevaux, beaucoup de chevaux.
*Chinois
**À quatre pattes, ceux-là.
Shan est un beau personnage d'anti-héros dont l'intelligence lui permet d'affronter ses peurs et de répondre à toutes les questions sans perdre son âme ni retourner en prison.
Éternelle histoire du pot de terre contre le pot de fer, du petit enquêteur banni contre quatre esprits malins ; celui qui voulait la gloire, celui qui voulait le pouvoir, celui qui voulait la richesse et celle qui voulait le pardon.
Une enquête dans l'atmosphère délétère* de populations asservies et un pamphlet virulent sur la politique colonisatrice de la Chine et les malversations de certains responsables.
*Je ne me suis jamais senti à l'aise..
Loumina m'a donné envie de le lire (ou le relire).
Le tueur du lac de pierre d’Eliot Pattison, Robert Laffont, 2003, 562 pages, policier
*ouais ** bon *** très bon **** j'aime
Le bémol du Papou : Le contexte religieux difficile à apprécier.
Le dièse du Papou *: Les recherches anthropologiques sur les tissus vieux d'au moins 2000 ans.
*Tiens ! c'est nouveau.