les C.D.G. du HibouLes Voyages du PapouLes Commentaires du Hibou et du PapouQu'est ce qu'on mange ?
Onze années se sont écoulées depuis qu’une collègue de travail recherchait des familles adoptives pour ses chats.
Si je me souviens bien, il y avait une maman et ses trois petits déjà sevrés, une autre chatte d’une portée précédente et un gros matou gris.
À l’exception de ce dernier, les autres se sont mis à jouer autour de nous comme s’ils se doutaient qu’une approche amicale leur permettrait de trouver une nouvelle famille.
Le gros gris, juché sur un siège, l’air renfrogné ne bougeait pas, semblant dire :’’ Qui sont-ils, ceux-là ? Que veulent-ils ?’’
Bien sur ! C’est lui que nous avons choisi. Mélange d’himalayen et de siamois, ce faux chartreux aux yeux bleus, affublé d’un nygstamus, âgé de six ans et non de trois, dégriffé des quatre pattes, n'était jamais sorti librement de la maison. Son nom de baptème, Rox était oublié. Son plaisir était de se faire caresser le bidou* en roulant d’un bord sur l’autre, Bidou, il était, Bidou il est resté.
Dès son arrivée dans son nouvel environnement , il a voulu sortir dans le jardin. Son absence de griffe ne l’a pas empêché de grimper sur les barrières et de se défendre contre les instrus avec... les dents.
Bidou, donc, a eu du mal à s’habituer à sa nouvelle famille et l’arrivée provisoire d’une petite siamoise, qu’il semblait pourtant avoir acceptée, l’a rendu neurasthénique au point de vouloir se laisser mourir de faim. Un séjour prolongé chez un vétérinaire, avec médications, solutés et gavages, me fit remplacer le ''d'' de son nom par un ''j'', il fut Bijou pour quelques mois.
Quand enfin je fus assuré de sa guérison, je lui ai expliqué, les yeux dans les yeux, que c’était la dernière fois qu’il faisait une dépression.
Je suppose qu'il a compris car il n’a jamais recommencé mais a conservé un certain goût, pour ne pas dire un goût certain, pour le thon en boîte et le jambon effiloché que nous lui donnions pour aiguiser son appétit.
Bidou était une vraie peluche que l’on prenait dans les bras comme un bébé, non qu’il aimait ça mais il n’était pas malin et attendait gentiment, les yeux effarés, qu’on arrête nos bêtises et qu’on le repose. Il n’était pas un chat pour ''genoux'', au mieux il se couchait contre une cuisse et présentait son ventre aux caresses.
Il n’y avait aucune méchanceté dans ce chat acceptant aussi bien les autres félins, sauf ‘’Tiger’’ le ‘’vilain’’ greffier des voisins, qu’un raton-laveur**, couchés près de lui sur son patio.
Il nous a accompagnés 11ans à un mois près, malheureusement il n’a pas pu attendre notre retour et je suis certain qu’il a essayé de toutes ses forces de chat de revoir sa maîtresse.
Salut Bidou ! J’espère que, là-haut, tu rencontreras Gamine la chatte sauvage, Flash le vieux chien et la belle Michka qui t’y ont précédé.
Dis-leur bien qu’on ne les a pas oubliés.
*ventre
** ou une ratonne-laveuse, on n’a jamais su.