les C.D.G. du HibouLes Voyages du PapouLes Commentaires du Hibou et du PapouQu'est ce qu'on mange ?
Je ne savais pas exactement à quoi m’attendre en désirant mettre ce bouquin dans ma PAL, le titre m’avait plus, et l’impossibilité de le trouver, dans le pays où je vis la plupart du temps, m’avait énervé; heureusement je savais que l’Héritière, dans sa ville rose, aurait plus de chance.
Le premier paragraphe du livre donne le ton aussi vais-je vous le recopier intégralement :
« D
ans ce cas, pourquoi ne pas aller sur le terrain ? » C’est la question qu’en vint à poser un
collè gue à la fin d’une soirée bien arrosée consacrée à l’examen
critique de la situation de l’anthropologie, de l’enseignement et de la vie universitaire en général. Le jugement avait
été défavorable. Comme dans la comptine de mon enfance, nous avions dressé un inventaire et retrouvé un placard
vide.
Universitaire et professeur, l’auteur, qui n’a jamais été « sur le terrain » décide donc, un jour, d’aller étudier un peuple car écrit-il :
« De remarquables universitaires, dont les noms figurent dans toutes les revues spécialisées, distillent des cours d’un ennui mortel, à tel point que les élèves prennent la porte et disparaissent telle la rosée du soleil africain. Mais, ajoute-t-il, la profession regorge d’adeptes inconditionnels du travail sur le terrain …qui, en définitive n’ont rien à dire d’intéressant dans le cadre d’une discipline universitaire. »
Voilà le ton est donné, sarcastique, cynique, humoristique, iconoclaste, donnant dans l’autodérision du pied tendre (comme on dit au Far West) qui affronte tous les problèmes.
Problèmes qui commencent dès le choix de la population à étudier.
Finalement il se décide pour un peuple presque inconnu du nord Cameroun, les Dowayo.
Il y avait les tribulations d’un chinois en Chine, là, se sont les tribulations d’un gentleman anglais en Afrique et ses démêlés, non seulement avec les Dowayo mais aussi avec les fonctionnaires, les banques, la poste et les transports du Cameroun.
Jubilatoire dans les aventures, incluant même ses problèmes de santé mais plutôt confus et rasoir dans son travail sur les Dowayo.
« Ainsi chaque jour, armé de carnets de notes et de tabac, je partais arpenter les champs autour du village, calculer les rendements, faire le compte des chèvres en vue, dans un besoin frénétique de m’activer sans rime ni raison. »
En fait les résultats de son travail d’anthropologue ne sont là que pour nous faire sourire de la confusion, de l’absurdité, de l’incompréhension qui ressortent des relations entre un anthropologue très british et tous les africains, incluant les Dowayo.
Il n’y a pas de regard suffisant et supérieur de l’auteur, bien au contraire, il se rend rapidement compte que ce sont plutôt les Dowayo qui l’étudient et non l’inverse.
Quelques petits bijoux parsèment cette lecture, en voici un :
Les explications des Dowayo finissaient invariablement dans une impasse qui m’était devenue familière.
…
Je demandais :
« Qui a organisé la cérémonie ?
- L’homme avec les piquants de porc-épic dans les cheveux.
- Je ne vois personne avec des piquants de porc-épic dans les cheveux.
- Non, il ne les porte pas.
Mais, si on veut connaitre les us et coutumes des Dowayo il vaut mieux trouver les résultats de ses travaux.
*ouais ** bon *** très bon **** j'aime
par Le Papou
PS: Nigel Barley est conservateur au British Museum